Huguette…. vie et secrets.

Femme libre et épouse infidèle.

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Archive pour octobre, 2009


Maintenant, je sais.

30 octobre, 2009
journal intime | Pas de réponses »

                      Chaque jour de classe, je fais le chemin avec Albert. J’ai un peu de mal sur mon vélo un peu trop grand, mais mon copain m’attend. Il roule a côté de moi sur la petite route qui mène au village. Et pendant le trajet, on parle de plein de choses. Mais moi, je voudrais qu’il me dise ce que font les filles avec leurs préférés le jeudi.

                 Un jour, sur le chemin du retour, Albert me demande si je sais garder un secret. Bien  sûr, je sais. On est dans un endroit où personne ne travaille dans la forêt et on s’arrête dans un chemin. Et alors, Albert me dit que je suis sa préférée. Je suis surprise parce que c’est les grandes qui ont des préférés. Et je croyais que c’était les filles qui choisissaient. Mais je suis contente. Il y a un grand, Jacky, que j’aimerai avoir comme préféré, mais il ne fait même pas attention à moi. Mais, quand même, Albert est gentil et puis, on est ensemble tous les jours. Je ne dis rien, j’attends qu’Albert dise quelque chose.

                 Et il me dit qu’il voudrait que je lui montre ma fente. Là aussi, je suis surprise parce qu’il n’y a que ma mère qui me voit sans ma culotte. Et aussi, le docteur pour la visite médicale de l’école. Mais je pense que, si Albert me demande çà, c’est sans doute ce que font les grandes filles le jeudi quand elles voient leurs préférés. Moi non plus, je ne dirai pas aux autres que je montre ma fente à Albert. Je fais promettre à Albert de ne rien dire à personne, mais j’ai confiance en lui. Je soulève ma robe pour montrer ma culotte et j’attends qu’il l’enlève. On dirait qu’il tremble quand il la descend sur mes genoux. Je n’ose pas le regarder et je ferme les yeux. Après, il me dit que je peux me rhabiller et que je suis plus jolie que les grandes. C’est vrai qu’il est gentil. Il me demande aussi si je lui montrerai encore ma fente quand il me le demandera. Oui, si çà lui fait plaisir.

                    Le soir, je n’arrête pas de penser à Albert et à ce que nous avons fait dans le chemin et j’ai un peu de mal à faire mes devoirs. Et puis je me dis que mes copines vont être surprises quand elles vont savoir que j’ai un préféré. Mais moi, au moins, je sais ce que les grandes ne veulent pas nous dire.

 

                        

                                   

A la grande école.

26 octobre, 2009
journal intime | Pas de réponses »

                     A la grande école, je suis la plus jeune et aussi la plus petite. Il y a des grandes qui ont de la poitrine et qui mettent des soutiens-gorge. Pendant la récréation, elles parlent des garçons et nous, les petites, on a le droit d’écouter. Il y en a qui ont des préférés parmi les garçons de notre classe. Quant une fille a un préféré, c’est une de ses copines qui dit au garçon qu’il a été choisi. Et en classe, ils n’arrêtent pas de se regarder. Quand la fille ne veut plus le garçon, elle lui fait dire que c’est fini. 

                 Des fois, certaines filles voient leur préféré le jeudi et nous le racontent le lendemain. Les autres demandent ce qu’ils ont fait, mais c’est secret. Mais elles répondent qu’elles savent. J’ai demandé à Annette, une bonne copine qui a 10 ans, mais elle ne sait pas. Une fois aussi, on en a parlé avec Albert qui m’a dit qu’il savait et qu’il me le dirait un jour. J’aime bien Albert, il est gentil tout le monde.

                Mais Albert a du mal à comprendre les explications de Madame, tandis que moi, je suis toujours la première à la composition mensuelle, comme à la petite école. Le matin, je suis toujours contente d’aller à l’école mais je préfère quand même le jeudi pour aller me promener en forêt avec Toby.

               Le mercredi matin, je vais au catéchisme. Là aussi, j’apprends bien ma leçon. Comme tout le monde, je ferai la communion à 12 ans. Après, je pense que je n’irai plus à la messe le dimanche. Les garçons font comme çà, mais beaucoup de filles aussi. Mes parents ne vont jamais à la messe, sauf ma mère pour les enterrements. Mon père et les autres hommes attendent au café avant d’aller au cimetière. A la fin de la leçon de catéchisme, l’abbé nous passe « Tintin et Milou » avec son projecteur. Une fois, Raymonde m’a demandé si l’abbé ne mettait pas sa main sous ma robe. Non, il ne l’a jamais fait. De toutes façons, il a une chouchoute, Françoise, qui est toujours assise à côté de lui.

               Mais il me tarde d’avoir 12 ans pour être une grande.

                                                            

La vie reprend.

21 octobre, 2009
journal intime | Pas de réponses »

                     C’est en automne, et un dimanche après midi, je vais à l’épicerie. C’est ouvert tous les jours chez Yvette. Et là, je rencontre une copine qui me dit qu’elle a vu ma mère à la maison. Je cours et je la vois derrière sa machine à coudre, près d’une fenêtre. Je me précipite dans ses bras et je pleure longtemps en me serrant contre elle. Je crois qu’elle pleure aussi. Elle me dit qu’on ne se quittera plus jamais et je ne retourne plus chez Denise. Je sais qu’elle dit la vérité et je suis heureuse. Je veux oublier tout çà, mais pas Denise et René qui se sont bien occupés de moi.

                    Le lendemain, à l’école, j’annonce la nouvelle à tout le monde et je crois que les enfants sont contents pour moi. Même quand j’étais très triste, j’ai continué à bien travailler et je sais qu’à la fin de l’année je vais sauter une classe et aller à la grande école.

                   Quand je rentre à la grande école, nous déménageons le jour de la Saint Michel. C’est toujours comme çà pour les métayers. Je suis maintenant à 6 kilomètres de l’école alors qu’avant c’était moi qui habitais le plus près. Je fais le chemin à vélo avec Albert, un garçon de ma classe qui a un an de plus que moi. Albert habite à un kilomètre de chez moi. On habite un quartier de 6 maisons dans la forêt. Je m’habitue vite et le jeudi, je vais me promener dans les pins. Toby, le chien de Raymonde, notre voisine, m’accompagne. Il est gentil et on ne lui demande pas grand chose, juste de chasser les poules du potager et d’éloigner les vaches quand elles passent trop près de la maison. Il n’a pas de race, alors on dit que c’est un bâtard.

                  Je n’ai pas peur et, avec Toby, on va loin dans la forêt. Il y a des gens qui y travaillent et j’aime bien passer près d’eux sans me faire remarquer. On va jusqu’au ruisseau et je m’assied au bord de l’eau. Je regarde autour de moi, j’écoute les bruits. Toby pose sa tête sur mes genoux, mais, des fois, il s’endort près de moi. Quelquefois, je vois des écureuils qui sautent dans les branches. C’est beau un écureuil! Ensuite, on retourne à la maison.

                  A la maison, mon père ne parle jamais. Alors, le soir, après le repas, on lit en silence jusqu’à l’heure du coucher. Mais quand mon père n’est pas encore rentré du travail, on se raconte plein de choses, avec maman. Souvent, aussi, elle me serre contre elle et me fait des bises sur la tête.

                 Tout le monde parle patois dans le quartier, et même mon père et ma mère quand ils ont quelque chose à se dire. Et moi, je comprends beaucoup de choses, mais je fais semblant de ne pas comprendre. Je voudrais quand même savoir pourquoi maman est partie et peut être que j’apprendrai des choses si on croit que je ne comprends pas le patois.

                Peut être…..mais je suis heureuse depuis que maman est rentrée.

 

 .

                                                         

Ma vie chez Denise.

16 octobre, 2009
journal intime | Pas de réponses »

                     Mais chez Denise, c’est comme à la maison. Je vais à l’école et l’été pendant les vacances, je me rappelle qu’on a fait les foins. On est allé une fois à la plage avec la camionnette de Monsieur Maxime. On a fait les vendanges aussi. Il y a eu la fête au village, mais je n’avais pas d’argent et je suis vite rentrée à la maison.

                 Le dimanche matin, Denise fait ma grande toilette, toute nue dans une grande bassine. Une fois, la bassine était devant la cheminée parce qu’il faisait froid et Monsieur Maxime est arrivé. Il est venu s’assoir près de la cheminée en buvant le café que Denise lui avait servi et quand je suis sortie de l’eau il m’a serrée contre lui dans une serviette et m’a séchée. Monsieur Maxime, c’est le propriétaire et son château, enfin une grande maison est à côté de notre maison. Après, il est souvent revenu et c’est toujours lui qui me séchait. Monsieur Maxime est toujours gentil avec moi.

                Denise et René, eux, font leur toilette ensemble, le samedi soir dans la cuisine. Moi, je vais au lit. Mais un soir, j’ai entendu la porte de la cuisine s’ouvrir pour pouvoir jeter l’eau dans la cour. Le courant d’air a fait entrouvrir la porte qui sépare la cuisine de la salle à manger, et comme la porte de ma chambre était ouverte, j’ai pu voir, depuis mon lit, Denise debout dans la cuisine, toute nue. Elle avait des poils tout noirs en bas du ventre. Mais Denise a refermé la porte et je ne l’ai plus vue. Je n’ai pas vu René, non plus. D’autres samedis soirs, je me suis levée, doucement, pour regarder à la porte de la cuisine, car il y a un petit espace, mais je n’ai plus jamais rien vu.

                Je me souviens aussi que le soir, Denise allait traire la vache. Et une fois, Pierrot, le facteur, qui venait chercher du lait était allongé sur Denise dans le foin. Je crois qu’il lui faisait des poutics,… c’est  des bises. Pourtant, Denise est mariée avec René puisqu’ils se mettent tout nus ensemble et ils dorment dans le même lit, comme mon père et ma mère, avant. C’est curieux.

 

Le choc.

11 octobre, 2009
journal intime | Pas de réponses »

                      Il se produit un matin et il est d’une violence extrême pour une enfant de 8 ans. Mon père vient me réveiller pour aller à l’école alors que d’ordinaire, c’est ma mère qui s’aquitte de cette tâche. Sans ménagement, il m’annonce que ma mère m’a abandonnée et le soir même me place dans une famille d’accueil. Denise et René qui vont désormais m’élever sont des gens de notre village qui n’ont pas eu d’enfants et qui vont s’aquitter de leur nouveau rôle à merveille. Et je vais recevoir toute la tendresse qu’ils ont dans le coeur durant mon séjour chez eux.

                     Cette période, assurément la plus noire de ma vie, je ne peux pas la passer sous silence dans ce récit que j’ai entrepris et il est impossible de l’oublier. La plaie est toujours là, certes moins forte, qui me laisse en paix pour mieux se réveiller ensuite mais jamais, depuis 57 ans, un jour ne passera sans que ce souvenir ne m’accorde le moindre répit. 

                    Là non plus, je n’aurai jamais la moindre explication par la suite et, après la mort de mon père, plusieurs fois je serai tentée de questionner ma mère durant les quinze années qui lui restent encore à vivre. Mais pourquoi remuer ses souvenirs, la faire peut être souffrir de remords alors qu’après son retour, puisqu’elle reviendra un an plus tard, elle me donnera tant d’amour. Je dirai un jour cet amour, dans une église, devant tous ceux qui ce jour-là sont venus l’accompagner pour son dernier voyage. Quel soulagement pour moi, que de lui dire ces mots. Je ne peux lui pardonner puisque je lui en ai jamais voulu, mais en frappant ces lignes, je pleure comme j’ai pleuré tant de fois depuis cette période.

                   Comment, dans ces conditions, devenir une adolescente et, par la suite une adulte équilibrées?

                   Mais c’est fini, je ne veux plus en parler.

Huguette D…..

8 octobre, 2009
journal intime | Pas de réponses »

                      Si je livre mon véritable prénom, c’est pour jouer un peu avec le feu, car j’aime çà, mais vous n’en saurez pas d’avantage. Je suis née quelque part dans le Sud Ouest alors que la guerre n’était pas encore finie. Mon père prisonnier près de la frontière polonaise est rentré peu de temps après, libéré par l’avancée des Russes. Il avait quitté la maison cinq ans auparavant. Ceci n’a pas manqué, plus tard, de susciter certaines interrogations en moi, mais je n’ai jamais posé LA question. Certaines évidences apparaissaient, manquait simplement les explications. Je n’ai plus de parents maintenant et le secret est parti avec eux, ou du moins avec ma mère. Des fois que je n’aurais pas compris, quelques « petite bâtarde », sortis en patois de la bouche d’adultes durant mon enfance auraient pu, éventuellement, m’être d’un grand secours.

                       Le patois! Cette variante du Gascon que, dans ces années 50-60, tous les adultes parlent systèmatiquement entre eux et que je feindrai, longtemps, de ne pas comprendre, va me permettre d’écouter maintes conversations dont le contenu n’était pas destiné à l’enfant que j’étais et m’aider à grandir.

                       Mais je n’en suis pas encore là, et les premières années de ma vie ne me laissent pas de souvenirs particuliers. Je pense que je ressemblais à toutes les petites filles de cette époque, jusqu’à ce que, soudainement, tout bascule.

Un blog!

4 octobre, 2009
journal intime | Pas de réponses »

                  Rangé aux oubliettes le cahier de la petite fille qui notait ses premiers émois. Mais, que le chemin a été long avant d’oser recourir à sa forme actuelle qui a pour nom blog. Mais, çà y est, je franchis le pas. Fini le secret. Aujourd’hui, comme vous, nombreux, dont j’ai lu les récits, je vous ouvre mon cahier des temps modernes. Je m’exhibe, mais bien cachée derrière mon clavier.

                Qui viendra me lire? Toi, Marlène, puisque tu as eu la primeur, mais aussi l’exclusivité de ma démarche. Pas toi, Pierre. Tu es parti. Quinze ans déjà…. Et toi non plus, mon cher et tendre époux, complètement réfractaire à ce modernisme. Mais c’est mieux ainsi. 

                Alors qui?

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